Y have a dream!
Y have a dream 50 (fiction inspirée de faits réels).
Nos trois amis, qui viennent de rejoindre la place de l’église paroissiale par une petite route traversant une oliveraie calme et odorante, trouvent celle-ci inhabituellement animée. Lucie se souvient soudainement:
- Ah oui, c’était le mariage de Zélie qui est revenue spécialement de Lisbonne pour se marier à Fatima!
Une foule bigarrée grouille littéralement sur l’espace encombré et des silhouettes nerveuses entrent et sortent par la porte de la maison de Dieu grandes ouvertes.
Le petit groupe, Francisco en tête, fend la marée humaine pour s’immobiliser soudainement près des fonds baptismaux. Le spectacle est dantesque…
Dans le Coeur, l’autel est masqué par des groupes qui se succèdent pour être photographiés de plus près dans un brouhaha assourdissant; des enfants y sont assis et tiennent difficilement la pose en s’invectivant les uns les autres…
D’autres enfants, enfin libérés de leur immobilité imposée par la cérémonie, courent à toute allure d’une nef à l’autre en criant à s’époumoner pendant que différents groupes de jeunes femmes, plus dévêtues les unes que les autres, tentent vainement de les calmer en criant leur prénom sans aucune retenue …
Consternée, les larmes aux yeux, Jacinta emmène ses amis à l’extérieur en disant:
- Allons voir à la sacristie pour prévenir quelqu’un!
Mais, après avoir contourné l’église, il leur faut se rendre à l’évidence le prêtre qui a célébré le mariage est déjà parti, la sacristie est vide.
- Revenons nous cacher dans l’escalier de la chaire pour réparer tout cela par un chapelet car Jésus doit être extrêmement triste!
Peu à peu, l’église se vide enfin et c’est bientôt l’heure de la sainte messe du soir; les trois enfants y assistent au premier rang, continuant de consoler Jésus dans leurs prière…
Vient le moment de la sainte communion et un ministre extraordinaire s’approche du tabernacle mais la porte de celui-ci refuse obstinément de s’ouvrir; le sacristain vient à son aide mais rien n’y fait. Jacinta murmure doucement à son frère:
- Jésus ne veut pas sortir, il est blessé…
- Tu as raison petite sœur, nos prières n’étaient pas à la hauteur des offenses…
Heureusement pour les fidèles, le célébrant ayant consacré de nouvelles hosties pendant la célébration, tout le monde peut communier.
Une fois l’église désertée, nos amis se rendent de nouveau dans la sacristie, tandis que les nouveaux essais d’ouverture restent vains.
- Père, nous devons vous signaler les outrages qui ont offensé Jésus aujourd’hui…
Et Lucie rend compte des évènements de l’après-midi.
- Merci les enfants, je vais également réparer par des prières et demain je reviendrai demander l’ouverture au Seigneur!
Ce qui fut fait et la porte s’ouvre sans difficulté aucune, pendant que le fond de la nef latérale s’éclaire. Près de l’escalier de la chaire, un homme de haute taille, armé d’un fouet, chasse une populace vociférante dans un cri de colère:
- Il est écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière. Mais vous, vous en faites une caverne de brigands.
Christine et Bernard