Y have a dream!

Y have a dream 48

Lucia vient de déposer respectueusement la petite Bible sur l’étagère rustique de la cabane. Le refuge forestier est empreint d’un silence qui semble figer le temps. Aujourd’hui, le prophète Osée semble avoir touché particulièrement nos trois amis qui seraient restés un long moment à méditer si un nouveau groupe de pèlerins, arpentant le chemin de Croix, n’était venu briser ce grand silence contemplatif.

  • Il est vrai que, 2800 ans après ces écrits, aucun programme électoral ne semble tenir compte du danger que l’humanité court en voulant nommer des dirigeants idolâtres des veaux d’or modernes!

Tout en prononçant ces paroles, Francisco, de la pointe de sa branche d’olivier, termine le dessin d’un petit ruminant sur le sol poussiéreux de l’abri.

  • Tu as raison Francisco, et comme il est difficile de nos jours de conserver l’innocence et l’humilité alors que tout n’est que mensonges, flatteries et médisances!...

Jacinta, très occupée à rassembler son coutumier bouquet de fleurs des champs, finit par le déposer aux pieds de la petite statue de Notre Dame en lui murmurant:

  • Je vous offre ces fleurs, Maman du Ciel, en vous demandant de bien vouloir aller consoler votre Fils, tellement attristé par toutes les méchancetés humaines de notre époque.
  • Demande aussi à Notre Dame pour que, bien que nous ayons semé le vent, nous ne récoltions pas la tempête!

Francisco termine sa phrase en s’agenouillant près de sa petite sœur. Lucia les rejoint et gravement leur demande:

  • Il nous faut également prier pour l’unité de l’Eglise et ses autels bafoués dans beaucoup de pays…

De la petite bible restée ouverte, et alors que les trois enfants se recueillent les yeux fermés, un feuillet se détache puis vient brutalement se fixer sur les rondins de la porte.

Le texte semble maintenant flamboyant tandis qu’un grondement sourd vient envahir l’espace à l’extérieur du refuge:

Ainsi parle le Seigneur: Les fils d’Israël ont établi des rois sans me consulter, ils ont nommé des princes sans mon accord; avec leur argent et leur or, ils se sont fabriqué des idoles. Ils seront anéantis. Je le rejette, ton veau, Samarie! Ma colère s’est enflammée contre tes enfants. Refuseront-ils toujours de retrouver l’innocence? Ce veau est l’œuvre d’Israël, un artisan l’a fabriqué, ce n’est pas un dieu; ce veau de Samarie sera mis en pièces. Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. L’épi ne donnera pas de grain; s’il y avait du grain, il ne donnerait pas de farine; et, s’il en donnait, elle serait dévorée par les étrangers. Éphraïm a multiplié les autels pour expier le péché; et ces autels ne lui servent qu’à pécher. J’ai beau lui mettre par écrit tous les articles de ma loi, il n’y voit qu’une loi étrangère. Ils offrent des sacrifices pour me plaire et ils en mangent la viande, mais le Seigneur n’y prend pas de plaisir. Au contraire, il y trouve le rappel de toutes leurs fautes, il fait le compte de leurs péchés. Qu’ils retournent donc en Égypte! (Os 8,4-7.11.13)

Christine et Bernard